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Labrume foulard Coline Madec
Coline Madec

Labrume

Labrume par Coline Madec, le foulard dans l’air du temps

Les foulards sont entrés tôt dans la vie de Coline Madec. Ce souvenir d’enfance partagé avec son père et sa grand-mère, elle l’a accroché à son cou puis à celui de ses enfants. L’envie de « dépoussiérer » ce foulard l’a menée à créer sa propre marque Labrume : les carrés en soie et coton italiens revisitent cet accessoire trop souvent oublié. Imprimés graphiques et coloris modernes sont à destination des femmes, des hommes et des enfants.

« J’ai toujours eu envie de créer ma propre activité. J’ai toujours été free-lance dans ma vie professionnelle, et j’avais envie de créer mon travail. En parallèle de mon activité dans la publicité, j’écrivais des documentaires mais j’avais besoin de quelque chose de plus concret. J’ai créé Labrume pour sortir le foulard de ce cliché de la grand-mère avec son carré Hermès poussiéreux, le dessin un peu has-been. C’est pour tout le monde, ça va à tout le monde ! Ce n’est pas parce que l’on est un homme que l’on ne peut pas porter un carré ou même de la soie. »

Labrume foulard
Labrume foulard
Labrume foulard
Labrume foulard
Labrume, du souvenir d’enfance au projet d’adulte

Toutes les histoires ont un début, voici celui de Labrume. « L’oncle de mon père était pilote dans la Royal Air Force pendant la guerre. Son uniforme comportait entre autres un foulard en soie pour l’hiver. Il était brillant, doux et agréable. Mon père l’avait récupéré, c’était le seul vestige de l’uniforme. Il le portait et nous le mettait très souvent quand on était malade. J’ai cette sensation de chaud au cou depuis toute petite. Et ma grand-mère a toujours mis des carrés Hermès, très classiques. »  Coline Madec continue à porter le foulard en étant adulte. 

Le premier déclic pour créer sa marque arrive en 2015. « Il y a trois ans, j’ai eu ma fille. Lorsqu’elle est née, je lui ai mis des foulards et je trouvais ça trop mignon ! Quand j’ai cherché à en acheter pour elle, je n’en trouvais pas de jolis. J’ai alors dit à mon mari « Je vais faire des foulards pour elle et pour moi ! »  Le mari de Coline Madec, styliste dans une maison parisienne trouve alors l’idée farfelue et elle se dit qu’il a peut-être raison. 

Deux ans après, le deuxième enfant arrive, le projet a eu le temps de mûrir dans la tête de la créatrice : «  J’ai accouché d’un petit garçon. C’est revenu comme un boomerang. J’en ai reparlé à mon mari et là j’avais les arguments ! Je savais pourquoi il fallait le faire maintenant, pourquoi ça marcherait. J’ai réussi à le convaincre et je me suis lancée. »

Labrume foulard
Des foulards dans la modernité

La créatrice et jeune maman développe à ce moment-là sa première collection, soutenue par un ami : « Mon fournisseur est un ami de mon mari. Ils ont commencé à travailler ensemble il y a plus de dix ans, il est devenu un proche de la famille. Il m’aide depuis le début et grâce à lui j’apprends beaucoup. »  C’est notamment grâce à lui que Coline Madec arrive à imprimer digitalement avec un rendu proche de la sérigraphie. « On a beaucoup travaillé pour réussir à imprimer digitalement mais de manière presque aussi belle qu’au cadre. Une chose était importante, c’est de ne pas distinguer l’envers de l’endroit. » 

Pour les graphismes, Coline Madec savait déjà ce qu’elle ne voulait pas : « J’en ai marre de voir des fleurs, des animaux, des signes astrologiques ! J’avais envie d’imprimés plus graphiques » Elle se tourne alors vers des artistes, « Pour la première collection, c’est un ami street-artiste qui a fait les nuages à l’aérographe. J’ai une idée et donc nous discutons beaucoup et lui crée. Je m’inspire beaucoup d’artistes qui me touchent, ce qui explique le côté graphique. » 

Labrume foulard
Des collections plein la tête et des collaborations

La jeune entrepreneuse est passionnée par sa nouvelle activité et compte faire de Labrume une marque mono-produit. Si elle peut en parler pendant des heures, ce n’est pas anodin : « En terme de fabrication et de création, j’ai au moins six collections prêtes dans ma tête ! » La deuxième, créée avec trois jeunes femmes illustratrices /graphistes, sera présentée en janvier 2019. 

En attendant, la marque de foulards commence à se faire connaître, moins d’un an après sa création. « Le premier anniversaire de labrume est en juin (2019). À cette occasion, je travaille avec un artiste qui fabrique des quilts à partir de tissus récupérés, il va en créer un à partir d’un des foulards de la collection qui va sortir. Je collabore également avec un directeur artistique et illustrateur, sur une ligne capsule. Et j’espère pouvoir réaliser très bientôt un sac en collaboration avec une maison au savoir faire centenaire ! Un rêve. »